Chapitre 6

Premières leçons

Mariwenn s' était absentée pour la matinée. Elle avait confié Joran aux bons soins de Melchior et était partie rejoindre sa sœur enceinte de quelques mois qui avait demandé son aide. Le vieux forgeron avait donc prit l'enfant sous son aile et lui expliquait son métier, lui montrant les outils nécessaires à la forge, l'instruisant sur les différents métaux et alliages. Joran quant à lui ne pensait qu'à son aïeul, et à ses premières leçons de « Magie Véritable » qu'il lui avait promise. Depuis près d'une semaine qu'il attendait, le miroir de sa chambre ne s'était toujours pas manifesté, et il s'inquiétait de savoir quand il allait enfin commencer. Les cours de base donnés par quelques instructeurs ou par son père étaient assez rébarbatifs, bien qu'utiles, et il s'y ennuyait. Après avoir réussi à invoquer de l'eau par accident sans prononcer un mot, il avait réitéré son exploit en enflammant sa main pour allumer un feu de cheminée, puis avait provoqué une mini tornade qui avait balayé la cour de la forge. La veille, il avait même réussi à provoquer un micro séisme qui avait fait tomber quelques tuiles du toit, mais il s'était fait lourdement réprimander par sa jeune gouvernante. Aujourd'hui, Melchior lui parlait de métaux, tout en lui montrant comment les allier grâce à la magie. Utile oui, pour un forgeron... Mais Joran s'ennuyait toujours.

  • … fondre l'acier pour... Joran ? Tu m'écoute ?

  • Heu, non pardon Maître Melchior, je réfléchissais à autre chose, j'ai beaucoup de choses dans la tête en ce moment.

  • Je vois ça en effet. Écoute mon garçon, si la forge ne t'intéresse pas, je ne veux pas te forcer ! Vas donc étudier tes livres à la bibliothèque si tu préfère, et de toutes façons j'ai encore du travail à terminer, fit Melchior d'un ton bourru.

  • C'est pas que ça ne m'intéresse pas, mais je pensais à une leçon que m'a donné le Maître Edhel, il disait qu'on pouvait créer du métal avec l'Arcane de la terre, mais vous vous ne le faites pas ?

  • Non, je ne suis pas un familier de l'Arcane de la terre, je suis un mage Flamboyant, et j'utilise mes connaissance de cet Arcane pour réchauffer le métal et le maintenir à la bonne température pour le travailler. C'est très pratique en fait, beaucoup plus que de créer du métal !

  • Ah bon ? Vous ne savez pas faire du métal ?

  • Non, tout le monde n'en est pas capable. Vois-tu, la plupart des Arcaneans savent utiliser les quatre Arcanes de base qui sont l'Eau, la Terre, le Feu et l'Air, mais seuls ceux qui se spécialisent dans un élément peuvent en exploiter toutes les variations. Le métal n'est pas un élément Arcanique, c'est un dérivé de l'Arcane Terre qu'il est difficile de produire sans une solide connaissance de celui-ci. Pour ma part, je me suis concentré sur l'Arcane du Feu, ce qui me permet de créer de la chaleur pure sans forcément lancer une boule de feu à chaque fois.

  • Est-ce que je saurai faire ça moi aussi ?

  • Je pense que oui, tu n'es pas n'importe qui après tout, mais il te faudra travailler dur pour y arriver, ce n'est pas en rêvassant comme ça que tu y parviendras mon garçon !

Melchior était bien incapable de la moindre autorité envers Joran, et celui-ci l'avait bien remarqué. Le ton faussement grondant du vieux forgeron le fit sourire, et il promis de travailler dur en hochant vigoureusement la tête.

  • Ha ha ha ! Je n'en doute pas un instant ! Dit l'homme en éclatant de rire. Allez va maintenant, je suis sûr que tu as envie d'approfondir le sujet dans tes précieux bouquins !

  • Merci Melchior, dit le gamin en riant, à plus tard !

Joran se précipita alors dans sa chambre afin de se plonger dans la lecture d'un livre que lui avait recommandé son père. Un traité écrit par un ancien Premier Conseiller : Le Grimoire des 12 Arcanes. Il était intrigué par ce titre, étant donné qu'il n'existait à sa connaissance que dix Arcanes : L'eau, la Terre, le Feu, l'Air, la Foudre était les cinq premiers. L' Ombre, la Lumière, Le Néant, la Mort et le Sang étant les Arcanes Supérieures, inaccessibles à la plupart des gens du commun. Mais quels étaient donc les deux derniers ?

Alors qu'il prenait le livre sur son étagère, une lueur bleue se mit à pulser de son miroir. « Enfin ! » se dit-il. Il reposa le grimoire et s'avança vers la lumière. D’abord hésitant, il approcha lentement sa main de la surface du miroir. Lorsqu'il le toucha, il fut enveloppé par la lumière qui se mit à pulser de plus en plus fort, en rythme avec son propre cœur. Le décor devint alors trouble, sa chambre devenant brume, puis la brume reprit consistance et se transforma en un immense palais-bibliothèque. Il était de retour dans le CœurMage.

* * *

Joran s'approcha du centre de la pièce où était situé le cristal abritant l'esprit de son ancêtre. Celui-ci pulsait, comme la fois précédente, et un espace avait été dégagé dans une allée attenante. Une table de travail avait été disposée devant le piédestal sur laquelle se trouvaient des feuilles de parchemin, une plume, un encrier et un livre assez épais et d'aspect ancien.

  • Installe toi à ce bureau Joran, et ouvre ce grimoire à n'importe quelle page ! Résonna la voix du Sage.

  • Oui Maître ! Fit l'enfant d'un air sérieux, sans pour autant parvenir à dissimuler un sourire de contentement.

Joran s'installa donc à sa table et ouvrit le livre par le milieu. Les pages étaient remplies d'une écriture fine mais parfaitement lisible, bien que dans un dialecte étrange. Il reconnu certains mots cependant, les Mots de Pouvoir capables d'invoquer les Arcanes.

  • De quoi parle ce livre Maître ? Demanda-t-il.

  • C'est un grimoire de sorts complexes que j'avais écris quand j'étudiais la magie dite « classique ». La plupart des mages utilisent des formules simplifiées pour plier les éléments à leur volonté. Ici, tu n'apprendra pas à lancer des sorts aussi simples, tu apprendra non pas à plier les Arcanes à ta volonté, mais à leur parler afin qu'ils fassent ce dont tu as réellement besoin !

Impressionné par le ton de son ancêtre, Joran se plongea dans la lecture du livre étalé devant lui. Les formules ressemblaient à celle employée par l'ancien Premier conseiller lors du duel qui l'avait opposé à son successeur. Mais si cette magie était plus puissante, pourquoi Fervorn avait-il gagné en utilisant des formules simples ?

  • Non mon jeune élève, fit Araméor, semblant deviner son questionnement, La magie utilisée par Argor n'a rien à voir avec celle-ci, bien que ce qu'ils appellent pompeusement la « Haute Magie » puisse y ressembler. Ici il s'agit de parler aux Arcanes, et non de les plier à ta volonté ! La Magie Véritable, telle que je vais te l'enseigner demande beaucoup plus de travail que d'apprendre simplement un peu de vocabulaire et quelques formules ! Tu devras t'en faire des amis, et non des serviteurs, tu devras leur parler, non leur donner des ordres ! Lors de ce fameux duel, Fervorn Kevona a approché de ce type de magie, car il n'a pas plié les Arcanes, il leur a seulement dit ce qu'il voulait ! Personne d'autre que lui n'est capable de cracher des flammes arc en ciel, et c'est pour une bonne raison, parce qu'aucun sort de « Magie Classique » ne peut faire ça. Et sa fameuse bulle de néant, il n'a prononcé les Mots de Pouvoir que pour la lâcher, mais le sort était prêt depuis le début du combat !

  • Fervorn connaît la Magie Véritable ?

  • Non, mais il en a l'intuition. A propos, sais-tu pourquoi il a utilisé cette bulle ?

  • Non, mais j'aimerais bien savoir la refaire moi aussi !

  • Il a utilisé ce sort à cause de toi, parce qu'il ne voulait pas tuer un homme devant un enfant.

  • Mais comment pouvez-vous savoir tout ça ?

  • Mon esprit habite cette pierre et lui est lié, mais il n'y est pas enfermé ! Ce cristal me permet simplement de rester ici, au lieu d'aller me perdre dans les limbes.

Joran était troublé par ces révélations. Ainsi Fervorn était sensible à la Magie Véritable sans même le savoir, et il avait décidé de gagner sans tuer, en prouvant par cela qu'il était un maître, certes, mais aussi un homme capable de charité et de compassion. Ainsi ce vieux débris à l'air sévère pourrait peut-être même devenir un professeur intéressant à l'avenir.

  • JE SUIS ton professeur Joran, les autres ne sont là que pour parfaire l'illusion ! Et n'oublie pas que tu ne dois JAMAIS parler de cet endroit à qui que ce soit !

  • Oui Maître, pardon.

  • Bien. Et maintenant, passons à ta première leçon.

L'enfant referma le livre et écouta son maître pendant près de deux heures. La manière un peu bourrue de l'ancêtre pouvait paraître sévère au premier abord, mais l'enfant ne s'y laissa pas tromper : Araméor était un passionné, plein d'humour et d'amour pour sa descendance, même pour le Grand Oligarque, son père, pour qui il ne tarissait pas de fausses critiques. « La Magie Véritable, disait-il, consiste à faire des Arcanes tes amis. Parle leur gentiment, et ils te rendrons les services dont tu as besoin. Pour devenir ami avec un Arcane, l'idéal est de lui parler dans la langue dite « Arcanique », mais tu peux aussi t’entraîner dans ta langue maternelle, ça marche aussi, mais c'est plus long. Si tu fais l'effort de parler une langue qu'ils comprennent, ils seront d'autant plus faciles à amadouer. C'est de cette langue que traite ce grimoire dans ses premiers chapitres. Tu vas donc commencer par les recopier sur ces parchemins afin d'en faire une première lecture assidue, et te fabriquer ta propre copie à étudier dans ta chambre. Une chose encore : Ne montre ces parchemins à personne ! »

Joran s'appliqua donc pendant près de deux heures à recopier un dictionnaire de mots étranges et leurs signification en langage courant. Les mots étaient aussi accompagnés de symboles que son Maître appelait des « Runes » mais qui ressemblaient surtout à des hiéroglyphes. L'enfant s'abstint de les recopier, n'étant pas très bon dessinateur.

Au bout de ces deux heures, sa main engourdie lui faisait mal, mais déjà, il était capable de comprendre la plupart du vocabulaire de base de ce langage nouveau, somme toute assez simple. Le Sage le libéra alors, le réexpédiant dans sa chambre. S'assurant que personne ne s'y trouvait, Joran se libéra des ombres puis se dirigea vers la salle à manger où son père l'attendait pour le déjeuner.

* * *

Lorsque Joran arriva dans la pièce, il eut la surprise d'y trouver trois personnes. Son père, assit comme à son habitude au milieu de la plus grande longueur était en pleine conversation avec une jeune fille que l'enfant ne connaissait pas. Celle-ci, assise en face de lui, ressemblait beaucoup à Mariwenn, elle même assise en bout de table. La jeune femme se leva à l'approche de Joran et l'aida pour l'accueillir.

  • Je te présente ma sœur Joran, elle s'appelle Laurie-Ann, et elle va passer quelques temps avec nous.

  • Enchanté madame, dit Joran poliment en se tournant vers cette dernière.

  • Bonjour mon prince dit la jeune femme, je suis honorée.

  • Prince ?

  • Oui Joran, pour les gens de l'extérieur, tu es un prince, lui dit Araméor, je suis quand même le Grand Oligarque !

Joran pris sa place songeur, un demi sourire sur les lèvres. Il n'avait jamais vu les choses sous cet angle. C'était plaisant finalement, d'être un prince...

  • Pourquoi Laurie-Ann doit rester avec nous ? Demanda-t-il à brûle pourpoint.

  • Parce que sa grossesse ne se passe pas tout à fait comme prévu, et qu'elle va prendre des cours de magie avec moi. Je demanderai aussi à Fervorn d'assurer quelques cours pour vous deux lorsque je serai trop pris par ma charge.

  • Qu'est-ce qui se passe avec sa grossesse ? Elle est malade ?

  • Non je ne suis pas malade mon prince, mais l'enfant que je porte a le potentiel d'un archimage, ce qui déclenche chez moi des poussées de pouvoir que je dois apprendre à contrôler.

  • Pourquoi tu demandes pas à la magie de te laisser tranquille alors ?

La question, posée innocemment, déclencha l’hilarité de son père.

  • Demander à la magie de... Ha ha ha ! Mon fils, tes questions me feront toujours rire ! Décidément, tu tiens plus de ton ancêtre que je ne le croyais !

  • Ben pourquoi pas, dit Joran vexé, ça marche bien avec moi !

  • Mais non Joran, parler aux Arcanes consiste tout simplement à invoquer les Mots qui permettent de les plier à ta volonté, tu ne peux pas leur demander de partir ! Ils sont là, c'est tout ! Les Arcanes ne sont ni plus ni moins que des éléments naturels que nous autres Mages savons manipuler !

  • Mais je...

Joran se retint à temps de révéler l'existence du CœurMage, et se contenta de baisser la tête, l'air penaud. Il essaya néanmoins, à l'aide du vocabulaire récemment appris de dissiper les énergies qui tournoyaient autours de Laurie-Ann. En pensées, il demanda aux éléments de la laisser tranquille, et de venir vers lui qui se sentait plus capable de les abriter.

« Whan, Han, Arh, Arek y Voltaen ! Eleonyl, Anorh, Sahn, Voroen y Naen ! Vinaes en me Anorem ! »

A la surprise générale, y compris de Joran lui même, une tornade de pouvoir de tous les éléments combinés se rua sur l'enfant, se subdivisant en dix petits tourbillons dansant autours de lui avant de se résorber. La jeune femme fut enfin soulagée et pu relâcher sa concentration pour enfin apprécier le repas qui arrivait sous la forme d'un plat de crudités.

  • Mais que s'est-il passé ? Demanda Araméor en fixant tour à tout Joran et Laurie-Ann.

  • Je ne sais pas seigneur répondit celle-ci.

  • J'ai demandé aux Arcanes de venir vers moi et de la laisser tranquille dit Joran d'un air effronté, et ils m'ont obéi parce qu'ils m'aiment bien !

  • Mais c'est insensé ! Aucun sort ne peut faire ça ! Dit son père, abasourdi et sentant la moutarde lui monter au nez tant la réponse de son fils lui paraissait absurde.

  • Mais je n'ai lancé aucun sort père ! Je leur ai simplement demandé de venir vers moi, en les appelant par leurs noms !

  • Parce que tu connais les noms des dix Arcanes ? Déjà ?

  • Je les ai lu dans un livre à la bibliothèque ce matin.

Araméor n'arrivait toujours pas à réaliser ce que son fils venait de faire. Aucun mage à sa connaissance n'avait jamais réussi à « appeler » les dix Arcanes simultanément, pas même lui. En principe, il aurait du passer des mois à apprendre à la jeune femme à se servir de ces éléments afin de les plier à sa volonté, dans le seul but avoué d'éviter les accidents. Son cas était par ailleurs unique dans les annales, personne avant elle n'avait rencontré ce genre de problème. Tout au plus, les femmes enceintes de potentiels futurs archimages avaient-elles une puissance accrue pendant quelques mois. Deux cas uniques lui étaient présentés le même jour, et il ne savait comment les interpréter.

  • Est-ce que les Arcanes vont me laisser tranquille maintenant ? Demanda Laurie-Ann à Araméor, interrompant le fil de ses pensées.

  • Je ne sais pas, répondit celui-ci, je n'ai jamais étudié ce genre de cas. Joran ? Qu'en pense-tu ?

  • Euh, je.. fit Joran, surpris que son père, le Grand Oligarque, lui pose la question. Je crois qu'ils reviendront avant demain matin, je ne pourrai pas les garder pour moi très longtemps, ils sont un peu capricieux...

  • Capricieux dis-tu ? Décidément mon fils, tu n'as pas fini de me surprendre !

Puis, éclatant de rire, Araméor se servi une pleine assiette de crudités.

* * *

Le reste du repas se déroula dans la bonne humeur générale. Mariwenn, restée silencieuse durant les premières minutes de l'arrivée de Joran ne tarissait plus de paroles, discutant tour à tour avec sa sœur, puis avec Joran, et se permit même quelques familiarités avec un Araméor devenu tout à coup plus humain.Le Grand Oligarque quant à lui, riait des bons mots des deux jeunes femmes, et s'amusait parfois au dépend de son fils à coup de sorts légers, faisant voler le contenu de son assiette à coups de mini-tornades de vent, ou invoquant une bulle d'eau qu'il lâchait au dessus de sa tête. Joran cependant n'était pas en reste. Sans même prononcer un mot, il carbonisa la viande de son père sous son nez et vida son verre de vin tandis qu'il essayait de le boire. Cette petite bataille bon enfant fut surnommée pompeusement « Le défi du Sorcier » et devint par la suite une sorte de rituel entre le père et le fils. Ce n'était rien en terme de connaissances arcaniques, et moins encore en terme de puissance magique, et rien, vraiment rien ne pouvait préparer Araméor à ce qu'il découvrirait par la suite.

* * *

Après le repas, Joran s'empressa de retourner à sa chambre pour relire les parchemins qu'il avait copié le matin même. Les Mots de Pouvoir comme les appelait son père, n'étaient rien d'autre que les noms des Arcanes, mais le langage Arcanique était bien plus riche que ces dix noms ! Un monde s'offrait à lui à travers ce langage, un monde de merveilles. Invoquer les Arcanes grâce à leur nom ressemblait de plus en plus à des tours de passe-passe aux yeux de l'enfant. Parler le langage Arcanique permettait littéralement de communiquer avec eux, de les comprendre ! Ce qu'il avait fait au début du repas avait achevé de le convaincre, et il s'attacha désormais à en connaître tous les secrets.

Il se rappela alors le Grimoire des 12 Arcanes sur son étagère. Il rangea ses feuillets puis se plongea dans la lecture du livre épais et poussiéreux. C'était un traité assez classique, détaillant les cinq Arcanes mineurs et leurs dérivés, les possibilités de combinaisons qu'ils offraient, assortis d'exemples de sorts que Joran se garda bien de reproduire. Ce type de magie pliait les Arcanes à sa volonté, et il ne voulait surtout pas les y obliger ! La description des cinq Arcanes supérieurs était plus complexe, et abordée avec une grande prudence. L' Arcane de la Mort était à peine évoqué, et aucun sort n'en accompagnait la description. Celui du Néant au contraire fourmillait de détails et de mises en garde, mais un seul sort y était décrit : Le Portail de Néant permettant de voyager vers Morphéa et Artificus. Lorsqu'il arriva au onzième Arcane, il compris pourquoi son père lui avait suggéré ce livre : Le texte s'ingéniait à décrire la capacité des Morphéens à agir avec leur esprit, essayant de convaincre le lecteur que ce peuple soit-disant ennemi était en réalité doué d'une autre forme de magie, qu'ils maîtrisaient un Arcane Majeur simplement inaccessible aux mages. Le douzième Arcane décrivait l'ingéniosité des Artefactans et leur capacité à inventer toutes sortes de choses, bien souvent capables de rivaliser avec certains sorts. Ce premier conseiller était tout simplement le premier pacifiste de l'Histoire d' Arcana, et c'était probablement ce livre qui avait insufflé à Araméor l'idée du rapprochement des peuples.

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