Chapitre 5

Esgarull

Awen se réveilla en sursaut. Un étrange sentiment de détresse l'avait assailli dans son sommeil, et l'image d' Eryn restait inscrite dans son esprit, comme une réminiscence d'un cauchemar dont elle ne se souvenait pas. Winter, détectant la soudaine inquiétude de sa maîtresse vint se lover contre son épaule en ronronnant. La fillette se calma presque instantanément, mais l'impression de détresse d' Eryn restait présente, diffuse mais bien réelle. Elle se concentra alors sur son image, sortit de son corps et s'envola à sa rencontre vers Artificus. Elle le trouva très vite, en compagnie de son père et d'une jeune femme, lancés à toute allure dans une voiture à cheval sur une route de terre. Ils était poursuivis par d'étranges chiens couverts de flammes à l'aspect effrayant.

  • Eryn ! Hurla-t-elle dans l'esprit de son ami.

  • Awen ! Répondit-il, Aide nous !

Donann se tourna vers son fils, surprit par son cri soudain.

  • Ton amie est ici ? Demanda-t-il. Dis lui d'aller chercher de l'aide à la garnison d' Esgarull, c'est là bas que nous allons !

  • J'ai entendu, je suis dans ta tête, dit la fillette avant de disparaître.

Awen se précipita au devant du chariot, cherchant un esprit réceptif. Bientôt, elle trouva une concentration d'êtres humains, des gardes armés de fusils étranges qui veillaient sur un chemin de ronde. Mais aucun d'eux n'était capable de l'entendre. Elle entra en esprit dans la forteresse, cherchant désespérément quelqu'un qui soit réceptif. Elle le trouva en la personne d'un jeune homme endormi. Il rêvait d'une jeune femme, s'imaginant l'impressionner grâce à ses exploits guerriers. La fille du commandant. La fillette prit contact avec lui par le biais de son rêve, se substituant à la fille de ses fantasmes.

  • J'ai besoin de ton aide, lui dit-elle, viens à mon secours, là bas, sur la route de l'Ouest. Mes amis sont poursuivis par des chiens de feu !

  • Qui es-tu ? Demanda le garçon.

  • Je suis Awen, fille de Melena, et mon ami est en danger ! Réveille tes compagnons, et cours à leur secours !

  • Mais je ne suis qu'un palefrenier ! Je ne peux pas réveiller les soldats, et encore moins combattre avec eux !

  • FAIS-LE ! JE T'EN PRIE ! Hurla Awen dans son esprit, le réveillant tout à fait.

Le jeune homme sauta de son lit sous le choc mental, et comme un automate, il s'habilla et se dirigea vers la chambre du commandant de la garnison. Comme hébété, il parcouru les couloirs de la forteresse jusqu'aux quartiers des officiers. De la lumière filtrait sous la porte du bureau du commandant, et il entra sans frapper, poussé par une force invincible. L'homme d'âge mûr, doté d'une chevelure poivre et sel et d'une large carrure était absorbé dans l'étude de documents étalés en vrac sur sa table de travail. L'irruption soudaine du palefrenier le fit sursauter, et se retournant violemment, il incendia le jeune homme d'une bordée d'injures à faire pâlir un muletier.

  • Mais qu'est-ce qui vous prend, bougre d'âne, d'entrer ici sans vous annoncer !

  • Commandant Satarion, commença celui-ci, vous devez sonner la garde, un convoi de civils est en danger sur la route Ouest. Vous devez vous porter à leur secours.

  • Quoi ? Que ? Vous osez me donner des ordres ?

  • Commandant Satarion, vous devez sonner la garde, un convoi de civils est en danger sur la route Ouest. Vous devez vous porter à leur secours. Répéta le garçon, indifférent au ton de son commandant.

Barian Satarion n'était certes pas homme à se laisser marcher sur les pieds, mais il n'était pas idiot non plus. Le ton monocorde du jeune homme, sa raideur presque surnaturelle et son indifférence le firent réfléchir. Il comprit alors que le garçon était certainement sous influence télépathique, et que seule une extrême urgence pouvait pousser un télépathe à agir de cette manière.

  • Suivez-moi, ordonna-t-il, d'un ton apaisé.

Ils se mit à courir dans le couloir en hurlant ses ordres, frappant aux portes des chambres des officiers. « Sonnez la garde ! Nous sommes appelés à l'aide ! Nous partons sur le champ ! » Hurlait-il à la ronde. Des officiers ensommeillés sortaient des chambres, l'air énervés, puis voyant leur commandant, se dépêchaient de s'habiller et de rejoindre les dortoirs de leurs sections. Bientôt, l'officier de garde sonna le rassemblement et une section montée se prépara à sortir. Par les yeux du palefrenier, Awen pu admirer les magnifiques montures des soldats. Ils ne montaient pas des chevaux, mais des griffons gigantesques, grands comme des chevaux de bataille, dotés d'un corps de lion aux pattes puissantes et aux griffes redoutables, et d'un buste d'aigle au bec féroce. Sur ordre du commandant, la troupe de quinze soldats s'envola sous les coups d'ailes puissants de leurs montures et s'éloigna vers l'ouest, afin de sauver Eryn des créatures de cauchemar qui le poursuivait. Awen quitta alors le palefrenier et s'envola à leur suite.

* * *

Le chariot craquait de toutes ses jointures, et une roue commençait à se voiler sous les chocs répétés des bosses et des ornières. Les chevaux se fatiguaient de plus en plus, et leurs flancs se couvraient d'écume à chaque foulée. Bientôt, les arhos les rattraperaient, et ils n'avaient pas assez d'armes pour se défendre. Donann se tourna vivement sur la droite et tira avec l'un des pistolets récupérés sur les miliciens.

  • Raté ! dit-il, furieux, ces créatures ont la peau dure !

  • Ou tu ne sais pas tirer ! Rétorqua sa nièce dans une tentative d'humour infructueuse.

  • Je voudrais bien t'y voir toi, sur cette charrette branlante !

  • Prends les rênes, je vais essayer, répondit-elle.

Et sans attendre, elle lui jeta les rênes et se saisi de son revolver. L'arme dotée d'un chargeur 12 coups récupérée sur le chef des miliciens était équilibrée. Eyrina se concentra sur sa cible puis tira. D'une seule balle, elle abattit l' arhos le plus proche, juste au moment où celui-ci allait sauter sur le chariot. Alors, les yeux remplis d’horreur, elle vit la meute qui les suivait. Pas moins de vingt créatures enflammées les suivaient et les premières se rapprochaient dangereusement.

  • Nous n'aurons pas assez de munition , cria-t-elle à Donann, ils sont trop nombreux !

  • Espérons que l'amie Morphéenne d' Eryn aura réussi à réveiller la garde ! Répondit celui-ci.

  • Ils arrivent ! Hurla l'enfant, pointant un doigt vers le ciel devant eux.

En effet, poussés par les ailes puissantes des griffons, la garde arrivait et commençait déjà à piquer sur les créatures qui les suivaient. Bientôt des coups de feu résonnèrent sur la plaine, et Eyrina se contenta d'abattre ceux qui se rapprochaient un peu trop de leur véhicule. En moins de 10 minutes, l'affaire était réglée. Les chevaux cependant furent un peu plus long à calmer. Seule leur immense fatigue permit à Donann de parvenir à les ralentir pour enfin les arrêter. Barian Satarion se posa alors à proximité du chariot et descendit de monture afin de se présenter.

  • Commandant Satarion, de la garnison du Portail d' Esgarull, nous avons reçu un appel à l'aide télépathique assez... inhabituel. Où se trouve le télépathe en question ?

  • Bonjour commandant, répondit Donann, merci pour votre intervention, nous commencions à désespérer ! Le télépathe dont vous parlez est une petite fille, et elle ne se trouve pas avec nous.

  • Une fillette ? Pas avec vous ? Vous vous payez ma tête ?

  • Non commandant, il s'agit de la fille de Melena, la Grande Prêtresse du Temple de l'Esprit de Morphéa. C'est une amie de mon fils.

  • Melena ? Fit Barian interloqué. Je ne savais même pas qu'elle avait une fille... Cette affaire est étrange.

  • Plus que vous ne pourriez l'imaginer commandant, répondit Donann, l'air énigmatique.

  • Oui bon, peut-être. En tous cas il faudra lui donner quelques leçons de savoir vivre à cette petite, apparemment personne ne lui a dit que le contrôle mental était très mal vu par ici...

  • Le contrôle ment... Mais c'est impossible!

  • Impossible n'est pas Morphéen il faut croire, cette gamine a littéralement téléguidé l'un de mes palefreniers pour m'avertir de votre situation !

  • Mais Awen se trouve sur Morphéa, et elle n'a que sept ans !

Barian, s'il fut surprit ne le montra pas et garda son air renfrogné.

  • Bref, fit-il, vos chevaux ont l'air d'avoir besoin de repos, et votre voiture est dans un sale état. Venez donc à la garnison vous reposer, on vous servira une collation au réfectoire.

  • Merci pour votre invitation commandant, mais nous n'en avons pas le temps, nous devons prendre le portail pour Morphéa le plus vite possible. Nous vous laisserons la voiture et les chevaux si vous le voulez bien, nous n'en aurons plus besoin de toutes façons.

  • Et qu'allez-vous donc faire chez ces cinglés de moines ?

  • Il s'agit d'une affaire d'état commandant, je n'ai pas l'autorisation de vous en dire plus.

  • Une affaire d'état ? Et vous emmenez un enfant dans ces histoires ? Mais qui êtes-vous donc ?

  • Je suis Donann, architecte et ingénieur, et cet enfant EST la raison de notre mission.

  • Cette affaire est des plus étranges, je vais en référer au ministère.

  • Je vous le déconseille commandant, s'interposa Eyrina, vous en savez déjà presque trop, et vous savez ce que fait le ministère à ceux qui en savent trop...

  • Hum, oui, peut-être bien. Dans ce cas dépêchez-vous, le portail va entrer en phase d'instabilité d'ici moins d'une heure.

  • Merci commandant, repris Donann, non sans lancer un regard d'admiration à sa nièce.

Le convoi reprit sa route plus calmement, escorté par les griffons marchant devant et derrière le chariot. Après trois quarts d'heure, ils arrivèrent enfin à la forteresse, et furent conduits à travers une arche de pierres vers une cour intérieure d'assez grandes dimensions. Au centre d'un cercle composé de douze colonnes de pierre noire veinée d'or pâle se dressait une arche d'environ cinq mètres de large et huit mètres de hauteur. L'intérieur de l'arche semblait trouble, comme si une énorme lentille de verre fumé y était enchâssée. Une douce lumière blanchâtre pulsait du cœur du portail, mais celui-ci commençait à s'entourer d'une couronne d'ombre qui paraissait vouloir l'étouffer.

  • Dépêchez-vous, le portail vas devenir instable d'un moment à l'autre, et je ne veux pas de civils dans la cour à ce moment là !

  • Pourquoi ? Demanda Eryn.

  • Parce qu'à ce moment là des créatures de Dante risquent de passer et de nous attaquer, lui répondit son père.

Ils récupérèrent donc leurs affaires et s'avancèrent vers les premières marches. Eyrina s'arrêta soudain et, plongeant la main dans sa poche en sorti les trois billes d'obsidienne prises aux miliciens.

  • Au fait commandant, nous avons trouvé ceci sur des gardes de la milice qui nous ont attaqué la nuit dernière. Pourriez-vous demander une enquête aux services compétents ? Nous avons laissé les corps de ces traîtres dans les égouts de la rue des marchands...

  • Des adorateurs de Dante ? Dans la milice ? On aura tout vu !

  • Je ne vous le fais pas dire commandant, répondit la jeune femme d'un ton de confidence.

Sur ces entrefaites, Donann passa le portail, tenant son fils par la main, tandis qu' Eyrina les suivait de quelques pas.

Une étrange sensation s'empara d' Eryn. Il avait l'impression d'être en apesanteur, et sa vision était floue, tournoyante. Le malaise du passage, bien que désagréable ne dura heureusement pas. Il se retrouva très vite sur une plate-forme similaire à celle qu'ils venaient de quitter, entourée de soldat d'un autre genre. Les hommes qui entouraient le portail ressemblaient à des moines tibétains, le crâne rasé, et tenant des bâtons décorés de symboles étranges. L'un d'eux, la tête recouverte d'un capuchon très large et portant un médaillon d'or incrusté sur le front s'avança vers le petit groupe de réfugiés.

  • Bienvenue Donann, à toi et aux tiens. Suivez-moi je vous prie, nous vous attendions.

Bien que légèrement surpris, Donann suivit l'étrange personnage, tenant toujours la main de son fils.

  • Comment saviez-vous que nous allions arriver ?

  • Nous avons reçu un message de Melena il y a trente minutes à peine, mais venez, le portail perd sa stabilité, et vous devez vous mettre à l’abri. Nous vous avons servi de quoi vous restaurer dans la salle commune. Une escorte est en route pour vous emmener au Temple de l'Esprit, ils seront là dans quelques heures. Profitez-en pour vous reposer.

  • Nous vous remercions pour votre hospitalité commandant, répondit Donann

  • Ho mais je ne suis pas commandant, nous n'avons pas de grades chez les moines guerriers. Le commandant de garnison est actuellement en mission de surveillance dans les environs du fort, vous le verrez plus tard.

  • Pardonnez ma méprise, je n'ai pas l'habitude de venir à Morphéa.

  • Ce n'est rien, je vous en prie.

Arrivés dans la salle commune des gardes, le moine les installa près d'une cheminée et leur offrit de quoi se restaurer avant de s'éclipser silencieusement.

* * *

Quatre étranges créatures volantes ressemblants à d'immenses raies manta s'approchaient de la forteresse dans un silence presque parfait. Le seul bruit perceptible provenait de la fuite de l'air autours de leurs cavaliers. Deux d'entre elles étaient occupées. L'un par un moine à l'air sévère, l'autre par une femme aux cheveux d'argent d'une grande beauté et une fillette qui semblait s'amuser énormément de cette aventure. Melena se réjouissait de voir sa fille aussi heureuse, mais elle s'inquiétait des conséquences de ce qu'elle avait fait un peu plus tôt dans la nuit. Il lui faudrait déployer des trésors de diplomatie auprès du commandant de la garnison d' Esgarull. Pour autant, malgré les progrès stupéfiants d' Awen en matière de capacités mentales, elle s'étonnait de cette dernière performance. Assujettir un homme en pleine possession de ses moyens à un contrôle mental n'était déjà pas chose aisée avec un visuel direct de la cible, mais le faire à un monde de distance était jusqu'à présent considéré comme impossible. Yoren quant à lui, suivait le cours des pensées de sa compagne, mais il se félicitait intérieurement de l'exploit de sa petite protégée... bien que désapprouvant la méthode bien évidemment.

Lorsqu'ils arrivèrent en vue de la forteresse, Un combat faisait rage dans la cour du portail. Une dizaine de moines virevoltaient dans tous les sens en essayant de contenir la horde de créatures qui s'en échappait.

  • Des ordaks ! Cria Melena.

  • Je fonce les aider, répondit Yoren d'un ton calme, juste avant de faire plonger sa monture vers les moines surchargés.

  • J'emmène Awen à l'abri avec Donann et je vous rejoins, repris Melena.

Celle-ci fit alors descendre sa monture, suivie par les deux autres vers le toit de la haute tour de garde. Un soldat réceptionna la fillette tandis qu'un autre se chargeait des deux raies sans cavalier. Melena reprit aussitôt son envol et descendit vers la cour du portail afin de prêter main forte aux défenseurs. Les Chiens de Dante sont de redoutables adversaires, et déjà, deux moines gisaient à terre, la gorge déchiquetée. Yoren était déjà concentré sur le combat, puisant sans réserve dans ses forces mentales et virevoltant à une vitesse ahurissante dans une frénésie de coups mortels. Son visage de marbre ne montrait aucune peur et il abattait sans pitié les ordaks envahisseurs. Melena se concentra sur un groupe de créatures qui avaient acculé un moine contre une colonne un peu plus loin. Elle pris le contrôle de deux d'entre eux qui, abandonnant leur proie se jetèrent sur un troisième et le mirent en morceaux avant de poursuivre d'autres ordaks au hasard. Au bout de quinze minutes, le portail retrouva sa stabilité et moins de cinq minutes plus tard, le combat était terminé. Près de trente Chiens de Dante gisaient dans la cour, deux moines étaient morts ainsi que trois simples soldats. Quelques blessés plus ou moins graves venaient compléter ce bilan.

  • Espérons qu 'Esgarull ne s'en sorte pas trop mal nota un jeune moine couvert de sang noir.

  • Oui, il serait bien de s'en assurer, répondit Yoren. Allez-y donc Elbias, avec Emael et Rivael.

  • Bien maître, répondirent les trois interpellés avant de traverser le portail en direction d' Artificus.

  • Les autres, faites vous soigner si besoin, et appelez du renfort pour nettoyer tout ça, je dois vous laisser.

  • Merci pour votre aide Maître, et à vous aussi Grande Prêtresse.

Yoren et Melena se dirigèrent alors vers la tour de garde afin de rejoindre Donann, Eyrina, Eryn et Awen. Rien dans leur allure ou sur leurs vêtements ne laissait à penser qu'ils venaient de participer à un carnage aussi sanglant contre des créatures de Dante.

* * *

Lorsqu'ils arrivèrent dans la salle commune, Donann les accueilli avec soulagement. Eyrina se reposait, allongée sur un tapis, tandis que les enfants riaient doucement en chuchotant. Ils avaient l'air heureux de se voir enfin en chair et en os, et avaient visiblement hâte de pouvoir raconter leurs dernières aventures à leur ami Joran. Melena eut un regard attendri pour sa fille, et c'est remplie de fierté qu'elle salua Donann.

  • Je ne sais par quel prodige ma fille a pu percevoir votre appel à l'aide, mais je suis heureuse de vous voir sains et saufs.

  • Nous n'avons pas appelés, nous étions partis dans l'urgence et nous avons été surpris par une meute d' arhos particulièrement énervés.

  • Vous n'avez pas appelé ? Mais comment... ? Interrompit Yoren.

  • Non, il semble qu 'Awen ait « perçu » la détresse d' Eryn, elle est intervenue par elle même, apparemment sans savoir ce qu'elle faisait.

  • Oui, j'ai pu suivre ses actions sans pouvoir moi même intervenir, il va me falloir déployer toute ma diplomatie auprès du commandant d' Esgarull...

  • Et pour ma part, je vais devoir donner quelques leçons à cette petite prodige afin d'éviter d'autres incidents diplomatiques, poursuivit Yoren. Mais pouvons-nous savoir pourquoi vous êtes partis si vite de chez vous ?

  • Le conseil des ministres a décidé de renvoyer Eryn sur Terre, sous prétexte que sa présence n'est due qu'au plan insensé d'un Mage... Et vous connaissez nos ministres... Ils sont obtus et bornés ! Dit Donann, sa rage refaisant surface avec éclat.

  • Oui, je sais, hélas, mais pourquoi était-ce si urgent ?

  • Un mage opposé à Araméor doit déjà être arrivé chez moi pour renvoyer mon fils à l'heure qu'il est. Nous ne devrions pas tarder à avoir des nouvelles d' Esgarull concernant cette affaire d'ailleurs.

  • C'est plus grave que je ne le pensais en effet, dit Melena, je contacte immédiatement mes ambassadeurs. Pour l'heure, nous devrions partir au Temple, des Mantes volantes nous attendent sur le toit. Votre amie prendra Eryn avec elle.

  • Il s'agit de ma nièce, la reprit Donann un peu gêné.

  • Ho... pardon.

  • Ne vous excusez pas. Merci pour votre hospitalité.

Le groupe se mit aussi tôt en route vers l'escalier qui montait sur le toit. Quand ils y parvinrent, ils purent apercevoir une délégation Artefactane passant le portail avec les trois moines partis en renfort peu de temps auparavant.

  • Il est temps de partir annonça Melena, les poussant de l'autre côté du toit.

Chacun prit donc place sur les étranges montures, et ils s'envolèrent dans le plus grand silence dans une direction les cachant à la vue de la cour.

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