Lorsque Joran poussa la porte, il fût enveloppé d’une vive lumière bleue presque insoutenable. La réserve dans laquelle il était arrivé sembla se déliter, disparaitre dans le néant comme une illusion de fumée, et fut rapidement remplacée par une salle immense en forme de rotonde et dont les murs étaient couverts de bibliothèques. Le dôme était soutenu par neuf piliers en forme d’arches, et une mezzanine entrecoupée de balcons ouvragés faisait tout le tour de la salle à quelques mètres du sol. Le centre de la rotonde était occupé par un cristal bleuté d’une grande pureté qui pulsait au rythme d’un battement de cœur. Tout dans cette pièce respirait la magie, et la splendeur de l’endroit aurait fait pâlir d’envie n’importe quel monarque. Etrangement, la lumière du jour filtrait à travers le dôme de verre et venait éclairer l’énorme saphir flottant à quelques mètres du sol au centre de la pièce. Une voix s’éleva alors dans l’esprit de l’enfant. Une voix grave, résonnante, et pourtant douce, d’où transparaissait une immense bonté.

  • Bienvenue à toi, Joran, fils d’Araméor. Bienvenue dans le CoeurMage…

  • Le CoeurMage ? répondit Joran tout haut.

Sa voix sembla résonner dans toute la pièce, et le cristal se mit à briller plus fort.

  • Le CœurMage est une bibliothèque secrète créée il y a des lustres par le plus grand Archimage que le monde ait connu : Araméor le Sage, ton ancêtre qui vécu il y a plus de trois-cent ans.

  • Araméor ? Mais c’est mon père non ?

  • Il porte seulement le même nom, et si puissant et sage soit-il, il ne m’arrive pas à la cheville…

  • Il ne vous… Vous êtes Araméor mon ancêtre ? Cria presque Joran, surprit.

  • En effet. Mon esprit vit désormais ici, à l’intérieur du cristal que tu vois au centre de cette pièce. Et si tu le veux, je serais ton professeur. Avec moi, tu apprendras les vrais secrets de la magie…

  • Alors vous allez m’apprendre à lancer des éclairs et à faire des bulles noires ?

  • Ha Ha Ha ! Non mon enfant, cette magie là est bonne pour les simples mages… Je te parle de la vraie magie, celle qui fera de toi un homme sage et respecté ! La Magie Véritable vois-tu, ne consiste pas à contraindre les éléments, mais à les comprendre, à leur parler… Il ne s’agit pas de les obliger à te servir, mais à le leur demander gentiment ! Si tu parle aux éléments, avec ton Cœur, ils seront tes amis, et non tes esclaves ! Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ?

  • Comme quand j’avais soif et que l’eau est venue toute seule dans mon verre ?

  • Oui ! C’est exactement ça !

L’excitation d’Araméor le Sage se ressentait non seulement dans le ton de sa voix dans la tête de Joran, mais aussi dans les pulsations de plus en plus rapides et lumineuses du cristal. Joran quant à lui était si amusé par la situation, et si excité par la perspective d’apprendre la Magie Véritable avec son ancêtre qu’il en trépignait d’impatience. Un large sourire éclairait son visage lorsque le Sage repris un ton plus sérieux :

  • Joran, écoute moi encore un instant.

  • Oui monsieur le Sage

  • Tu m’appelleras désormais Maître, parce que je serai ton Maître-Mage.

  • Oui Maître

  • Tu ne parleras à personne de cet endroit, ni de moi, et encore moins de ton futur apprentissage.

  • Oui Maître, mais…

  • Non, pas même à ton père, ni à cette jeune fille, Mariwenn…

  • Mais Awen sait lire dans la tête des gens, elle va savoir !

  • Awen ? Qui est-ce ?

  • C’est une amie qui vient de la Terre comme moi, et comme Eryn aussi !

  • Hum… Et tes amis vivent au Palais avec toi ?

  • Non, ils sont sur Morphéa et Artificus je crois.

  • Bien, alors essaye de ne pas le leur dire, mais s’ils le découvrent, fais leur promettre de garder le secret.

  • Bien Maître, souffla Joran doucement.

  • Maintenant, il est temps de te renvoyer au palais, ton père est sur le point de découvrir cet endroit. Le passage vers le CoeurMage sera désormais le miroir de ta chambre. Lorsque qu’il deviendra bleu, tu viendras me rejoindre. Au revoir Joran, résonna la voix du Sage alors que la rotonde s’effaçait de plus en plus autour de l’enfant.

La porte de la réserve s’ouvrit alors sur Araméor et Mariwenn, visiblement très inquiets. Joran se trouvait au milieu de la pièce, apparemment invisible à leurs yeux. La voix de son ancêtre résonna encore une fois dans son crâne, lointaine : « Tu es caché dans les Ombres, il te suffit de leur demander de partir, et tu seras à nouveau visible… N’oublie pas, tu ne dois rien révéler… » Il se concentra, plongeant dans son esprit, demandant aux ombres de le libérer. Alors il apparut, souriant au beau milieu de la pièce, brièvement entouré de lumière blanche. Son père et la jeune servante sursautèrent lorsqu’il surgit du néant, souriant et fier de la bonne farce qu’il venait de leur jouer.

  • Une dissimulation dans l’Anorh ! C’est un sort puissant qu’un enfant de ton âge ne devrait pas être capable de produire ! Qui t’a apprit ça ? L’interrogea Araméor plus surprit que véritablement en colère.

  • L’Anorh ? Qu’est-ce que c’est ? Répondit candidement Joran.

  • C’est l’élément Ombre, utilisé par les espions et les as… enfin pour se cacher… Comment as-tu fais ?

  • Mais je n’ai rien fait père, je leur ai juste demandé gentiment de ma cacher puis de me laisser !

Araméor en resta bouché bée. Quant à Mariwenn, elle n’essaya même pas de comprendre ce qui venait de se produire. Son petit prodige préféré était vraiment stupéfiant.

  • Tu leur demandé ? Insista l’Archimage, je ne connais qu’une seule personne dans l’histoire qui ait eu ce genre d’idée saugrenue, et il portait le même nom que moi… Décidemment, si quelqu’un doutait encore que tu sois de mon sang… Viens mon fils, je suis vraiment fier de toi ! Cela dit, j’aimerais qu’à l’avenir tu évite de faire ce genre de mauvaise farce à Mariwenn, la pauvre se fait un sang d’encre à ton sujet… Et n’oublie pas que j’ai une lourde charge…

  • Oui père, mais je me suis bien amusé ! Répondit Joran.

Mariwenn avait l’air visiblement soulagée. Son petit protégé semblait en forme, Araméor n’était pas fâché, tout était pour le mieux. Son anxiété évanouie, elle reprit la main de l’enfant pour le raccompagner dans sa chambre, tandis qu’Araméor retournait à la lourde tâche cérémonielle qui l’attendait.

Lorsque Joran poussa la porte, il fût enveloppé d’une vive lumière bleue presque insoutenable. La réserve dans laquelle il était arrivé sembla se déliter, disparaitre dans le néant comme une illusion de fumée, rapidement remplacée par une salle immense en forme de rotonde dont les murs étaient couverts de bibliothèques. Le dôme était soutenu par neuf piliers en forme d’arches. Une mezzanine entrecoupée de balcons ouvragés faisait tout le tour de la salle à quelques mètres du sol. Le centre de la rotonde était occupé par un cristal bleuté d’une grande pureté qui pulsait au rythme d’un battement de cœur. Tout dans cette pièce respirait la magie, et la splendeur de l’endroit aurait fait pâlir d’envie n’importe quel monarque. Etrangement, la lumière du jour filtrait à travers le dôme de verre et venait éclairer l’énorme saphir flottant à quelques mètres du sol au centre de la pièce. Une voix s’éleva alors dans l’esprit de l’enfant. Une voix grave, résonnante et pourtant douce, où transparaissait une immense bonté.

  • Bienvenue à toi, Joran, fils d’Araméor. Bienvenue dans le Cœur Mage…

  • Le Cœur Mage ? questionna Joran tout haut.

Sa voix sembla se répercuter dans toute la pièce tandis que le cristal se mettait à briller plus fort.

  • Le Cœur Mage est une bibliothèque secrète créée il y a des lustres par le plus grand Archimage que le monde ait connu : Araméor le Sage, ton ancêtre qui vécut il y a plus de trois-cent ans.

  • Araméor ? Mais c’est mon père non ?

  • Il porte seulement le même nom et si puissant et sage soit-il, il ne m’arrive pas à la cheville…

  • Il ne vous… Vous êtes Araméor mon ancêtre ? Cria presque Joran, surpris.

  • En effet. Mon esprit vit désormais ici, à l’intérieur du cristal que tu vois au centre de cette pièce. Et si tu le veux, je serai ton professeur. Avec moi, tu apprendras les vrais secrets de la magie…

  • Alors vous allez m’apprendre à lancer des éclairs et à faire des bulles noires ?

  • Ha Ha Ha ! Non mon enfant, cette magie là est bonne pour les simples mages… Je te parle de la vraie magie, celle qui fera de toi un homme sage et respecté ! La Magie Véritable vois-tu, ne consiste pas à contraindre les éléments, mais à les comprendre, à leur parler… Il ne s’agit pas de les obliger à te servir, mais de le leur demander gentiment ! Si tu parles aux éléments avec ton Cœur, ils seront tes amis, non tes esclaves ! Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ?

  • Comme quand j’avais soif et que l’eau est venue toute seule dans mon verre ?

  • Oui ! C’est exactement ça !

L’excitation d’Araméor le Sage se ressentait non seulement dans le ton de sa voix dans la tête de Joran, mais aussi dans les pulsations de plus en plus rapides et lumineuses du cristal. Joran quant à lu, était si amusé par la situation et si excité par la perspective d’apprendre la Magie Véritable avec son ancêtre, qu’il en trépignait d’impatience. Un large sourire éclairait son visage lorsque le Sage reprit un ton plus sérieux :

  • Joran, écoute-moi encore un instant.

  • Oui monsieur le Sage

  • Tu m’appelleras désormais Maître, parce que je serai ton Maître-Mage.

  • Oui Maître

  • Tu ne parleras à personne de cet endroit ! Ni de moi et encore moins de ton futur apprentissage.

  • Oui Maître, mais…

  • Non, pas même à ton père ! Ni à cette jeune fille, Mariwenn…

  • Mais Awen sait lire dans la tête des gens, elle va savoir !

  • Awen ? Qui est-ce ?

  • C’est une amie qui vient de la Terre comme moi !Et comme Eryn aussi !

  • Hum… Et tes amis vivent au Palais avec toi ?

  • Non, ils sont sur Morphéa et Artificus je crois.

  • Bien, alors essaye de ne pas le leur dire mais s’ils le découvrent, fais leur promettre de garder le secret.

  • Bien Maître, souffla Joran doucement.

  • Maintenant, il est temps de te renvoyer au palais, ton père est sur le point de découvrir cet endroit. Le passage vers le Cœur Mage sera désormais le miroir de ta chambre. Lorsque qu’il deviendra bleu, tu viendras me rejoindre. Au revoir Joran, résonna la voix du Sage alors que la rotonde s’effaçait de plus en plus autour de l’enfant.

La porte de la réserve s’ouvrit alors sur Araméor et Mariwenn, visiblement très inquiets. Joran se trouvait au milieu de la pièce, apparemment invisible à leurs yeux. La voix de son ancêtre résonna encore une fois dans son crâne, lointaine : « Tu es caché dans les Ombres, il te suffit de leur demander de partir et tu seras à nouveau visible… N’oublie pas, tu ne dois rien révéler… » Il se concentra, plongeant dans son esprit, demandant aux ombres de le libérer. Alors il apparut, souriant au beau milieu de la pièce, brièvement entouré de lumière blanche. Son père et la jeune servante sursautèrent lorsqu’il surgit du néant, souriant et fier de la bonne farce qu’il venait de leur jouer.

  • Une dissimulation dans l’Anorh ! C’est un sort puissant qu’un enfant de ton âge ne devrait pas être capable de produire ! Qui t’a appris ça ? L’interrogea Araméor plus surpris que véritablement en colère.

  • L’Anorh ? Qu’est-ce que c’est ? Demanda candidement Joran.

  • C’est l’élément Ombre, utilisé par les espions et les as… enfin pour se cacher… Comment as-tu fait ?

  • Mais je n’ai rien fait père, je leur ai juste demandé gentiment de ma cacher puis de me laisser !

Araméor en resta bouché bée. Quant à Mariwenn, elle n’essaya même pas de comprendre ce qui venait de se produire. Son petit prodige préféré était vraiment stupéfiant.

  • Tu leur as demandé ? Insista l’Archimage, je ne connais qu’une seule personne dans l’histoire qui ait eu ce genre d’idée saugrenue, et il portait le même nom que moi… Décidemment, si quelqu’un doutait encore que tu sois de mon sang… Viens mon fils, je suis vraiment fier de toi ! Cela dit, j’aimerais qu’à l’avenir tu évites de faire ce genre de mauvaise farce à Mariwenn, la pauvre se fait un sang d’encre à ton sujet… Et n’oublie pas que j’ai une lourde charge…

  • Oui père, mais je me suis bien amusé ! Répondit Joran.

Mariwenn avait l’air visiblement soulagée. Son petit protégé semblait en forme, Araméor n’était pas fâché, tout était pour le mieux. Son anxiété évanouie, elle reprit la main de l’enfant pour le raccompagner dans sa chambre, tandis qu’Araméor retournait à la lourde tâche cérémonielle qui l’attendait.

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